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Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/184

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A plonger les ciseaux au cœur de sa poupée,
Pour voir ce qu’elle avait dedans.

Or, elle n’avait rien. — Dans le joujou stupide
Le marchand n’avait mis que du son et du crin.
Alors l’enfant rieuse incline un front chagrin
Et se met à pleurer : la poupée était vide !

Il ne faut pas aller trop au fond du plaisir,
Ou l’on devient triste à mourir !
Petites, prenez garde, ou vous seriez trompées :
Il ne faut pas ouvrir le ventre des poupées !


LE SOUHAIT DE LA VIOLETTE


Quand Flore, la reine des Fleurs,
Eut fait naître la violette
Avec de charmantes couleurs,
Les plus tendres de sa palette,
Avec le corps d’un papillon
Et ce délicieux arôme
Qui la trahit dans le sillon :
a Enfant de mon chaste royaume,
Quel don puis-je encore attacher,
Dit Flore, & ta grâce céleste ?
— Donnez-moi, dit la fleur modeste,
Un peu d’herbe pour me cacher ! »


AU CLAIR DES ÉTOILES


« Quels beaux astres la Nuit a brodés sur ses voiles !
Que j’aime sur nos fronts à les voir rayonner !
— Ne les regarde pas si longtemps, ces étoiles,
Car je ne pourrais pas, mon cœur, te les donner.
— Que leur lumière est tendre ! Et, comme c’est étrange,
Ces yeux d’or palpitants semblent nous appeler.
— Ne les regarde pas si longtemps, ô mon ange,
Vers le ciel, ton pays, tu pourrais t’envoler ! »

(La Comédie enfantine.)