Ouvrir le menu principal

Page:Walch - Anthologie des poètes français contemporains, t1.djvu/128

Cette page n’a pas encore été corrigée



Elle paraît et disparait
Comme un rêve à l’aurore.
D’oii vient-elle ? C’est un secret.
Où va-t-elle ? On l’ignore.

Dans son éclat, dans sa fraîcheur,
Avant qu’elle nous laisse,
Embaumons-la, forme et couleur,
La frêle enchanteresse.

Toute pensée est une fleur
Unique en son espèce.

FIDÉLITÉ

C’était au premier jour d’avril.
Il m’en souvient, t’en souvient-il
De même ?
Un soir, sous le ciel, à genoux,
Vous m’avez dit ce mot si doux :
« Je t’aime ! »

Avril, peuplant l’air de chansons,
Gonflait prés, forêts et buissons
De sèves,
Quand le mot, tombé dans mon sein,
Y fit tourbillonner l’essaim
Des rêves.

Ce mot, qu’après tant de combats,
Heureux, nous redîmes tout bas
Ensemble,
Ce mot, par lequel fut lié
Mon cœur, l’auriez-vous oublié ?
Je tremble.

Vous m’avez dit : « Je reviendrai. »
Une fomme à ce mot sacré
S’attache ;
Son cœur se donne sans retour,
Pour pouvoir demander l’amour
Sans tache.