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Page:Wagner - Une capitulation, Leduc.djvu/15

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Mottu. — Allons, debout !
Hugo. — Ah ! Quel gouvernement ! C’est incroyable !
Voix de Flourens. — En bas ! En bas ! Il a assez dormi, le gouvernement, il est temps que nous le réveillions. En voilà assez.
Le Chœur. — On l’entraine ! Il va disparaître dans les entrailles de la terre. Quelle lutte ! Tenez bon, en haut, ne lâchez pas !
Hugo. — Vous me déchirez ! Ah ! que la gloire est donc gênante, quelquefois !
   Tandis que le chœur, tenant Hugo par la tête, essaye de le sortir du trou, ceux d’en bas le tirent par les pieds, si bien qu’il s’allonge comme s’il était en caoutchouc.
Le Chœur. — Ah ! Ah ! nous l’avons, le voici ! Il est hors du trou. Tirez, tirez, la victoire est à nous.
Les Voix, du fond. — Tirons ! Tirons ! ne lâchons pas ! Il est à nous.
   Le corps du poète, ridiculement allongé, se contracte tout à coup et retombe dans le trou.
Le Chœur, avec accablement. — Oh ! Plus personne ! Nous tirions cependant avec conviction, il venait à nous, nous n’avions plus qu’un tout petit effort à faire et puis... tout s’effondre ! Le diable doit y être pour quelque chose.
Diedenhofer. — Quel spectacle horrible !
Mottu. — Silence ! Il faut que tout cela finisse. On ne se conduit pas de la sorte avec de vrais athées. Comment se fait-il que le gouvernement ne soit pas encore réveillé ? Et le canon ? On n’a seulement pas encore entendu le canon aujourd’hui.
Le Chœur, hurlant sur un air guerrier. —
Gouvernement ! Gouvernement ! Te montreras-tu ?
T’occuperas-tu de battre les ennemis ?
Les trois Jules où êtes-vous ? Et Gambetta ?
En avant, Picard ! En avant, Rochefort !
Sans quoi, méfiez-vous de Flourens et de Mégy.
Êtes-vous au Rocher de Cancale
Tandis que Paris endure le supplice de Tantale ?
Général Trochu, le galérien,
Que faut-il au Mont-Valérien ?
Nous ne manquons pas de courage et nous voulons voir du sang.
Le bruit du canon nous rassérène.
Nous voulons entendre le canon, nous voulons entendre le canon, entendre le canon.
Gouvernement, nous ne voulons pas hurler plus longtemps.
Gouvernement ! Bombardement !
Bombardement ! Gouvernement !
Gouvernement ! Gouvernement ! Gouvernement — ment !
À ce moment, apparaît, sur le balcon, le gouvernement groupé autour d’une table recouverte d’un tapis vert. On reconnaît Jules Simon, écrivant, Jules Favre et