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et celle de la France par la prise de Gravelines (juillet 1644), par celle de Courtrai et de Mardick (novembre 1644)[1], le vicomte de Turenne avait pris Landau ; il avait chassé les Espagnols de Trêves, et rétabli l’électeur.

(Novembre 1647) Il gagna avec les Suédois la bataille de Lavingen, celle de Sommerhausen, et contraignit le duc de Bavière à sortir de ses États à l’âge de près de quatre-vingts ans. (1645) Le comte d’Harcourt prit Balaguer, et battit les Espagnols. Ils perdirent en Italie Porto-Longone (1646). Vingt vaisseaux et vingt galères de France, qui composaient presque toute la marine rétablie par Richelieu, battirent la flotte espagnole sur la côte d’Italie.

Ce n’était pas tout ; les armes françaises avaient encore envahi la Lorraine sur le duc Charles IV, prince guerrier, mais inconstant, imprudent, et malheureux, qui se vit à la fois dépouillé de son État par la France, et retenu prisonnier par les Espagnols. Les alliés de la France pressaient la puissance autrichienne au midi et au nord. Le duc d’Albuquerque, général des Portugais, gagna (mai 1644) contre l’Espagne la bataille de Badajoz. Torstenson défit les Impériaux près de Tabor (mars 1645), et remporta une victoire complète. Le prince d’Orange, à la tête des Hollandais, pénétra jusque dans le Brabant.

Le roi d’Espagne, battu de tous côtés, voyait le Roussillon et la Catalogne entre les mains des Français. Naples, révoltée contre lui, venait de se donner au duc de Guise, dernier prince de cette branche d’une maison si féconde en hommes illustres et dangereux. Celui-ci, qui ne passa que pour un aventurier audacieux, parce qu’il ne réussit pas, avait eu du moins la gloire d’aborder seul dans une barque au milieu de la flotte d’Espagne, et de défendre Naples, sans autre secours que son courage.

À voir tant de malheurs qui fondaient sur la maison d’Autriche, tant de victoires accumulées par les Français, et secondées des succès de leurs alliés, on croirait que Vienne et Madrid n’attendaient que le moment d’ouvrir leurs portes, et que l’empereur et le roi d’Espagne étaient presque sans États. Cependant cinq années de gloire, à peine traversées par quelques revers, ne produisirent que très-peu d’avantages réels, beaucoup de sang répandu, et nulle révolution. S’il y en eut une à craindre, ce fut pour la France ; elle touchait à sa ruine au milieu de ces prospérités apparentes.

  1. La prise de Courtrai est de Juin 1646, la prise de Mardick est de août 1646.