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ne furent presque jamais libres, et que tout était abandonné aux factions.

Formose, fils du prêtre Léon, étant évêque de Porto, avait été à la tête d’une faction contre Jean VIII, et deux fois excommunié par ce pape ; mais ces excommunications, qui furent bientôt après si terribles aux têtes couronnées, le furent si peu pour Formose qu’il se fit élire pape en 890.

Étienne VI ou VII, aussi fils de prêtre, successeur de Formose, homme qui joignit l’esprit du fanatisme à celui de la faction, ayant toujours été l’ennemi de Formose, fit exhumer son corps qui était embaumé, et, l’ayant revêtu des habits pontificaux, le fit comparaître dans un concile assemblé pour juger sa mémoire. On donna au mort un avocat ; on lui fit son procès en forme, le cadavre fut déclaré coupable d’avoir changé d’évêché, et d’avoir quitté celui de Porto pour celui de Rome ; et pour réparation de ce crime, on lui trancha la tête par la main du bourreau, on lui coupa trois doigts, et on le jeta dans le Tibre.

Le pape Étienne VI ou VII se rendit si odieux par cette farce aussi horrible que folle, que les amis de Formose, ayant soulevé les citoyens, le chargèrent de fers, et l’étranglèrent en prison.

La faction ennemie de cet Étienne fit repêcher le corps de Formose, et le fit enterrer pontificalement une seconde fois.

Cette querelle échauffait les esprits. Sergius III, qui remplissait Rome de ses brigues pour se faire pape, (907) fut exilé par son rival, Jean IX, ami de Formose ; mais, reconnu pape après la mort de Jean IX, il condamna Formose encore. Dans ces troubles, Théodora, mère de Marozie, qu’elle maria depuis au marquis de Toscanelle, et d’une autre Théodora, toutes trois célèbres par leurs galanteries, avait à Rome la principale autorité. Sergius n’avait été élu que par les intrigues de Théodora la mère. Il eut, étant pape, un fils de Marozie, qu’il éleva publiquement dans son palais. Il ne paraît pas qu’il fût haï des Romains, qui, naturellement voluptueux, suivaient ses exemples plus qu’ils ne les blâmaient.

Après sa mort et celle de l’imbécile Anastase, les deux sœurs Marozie et Théodora procurèrent la chaire de Rome à un de leurs favoris nommé Landon (913) ; mais ce Landon étant mort (914), la jeune Théodora fit élire pape son amant, Jean X, évêque de Bologne, puis de Ravenne, et enfin de Rome. On ne lui reprocha point, comme à Formose, d’avoir changé d’évêché. Ces papes, condamnés par la postérité comme évêques peu religieux, n’étaient point d’indignes princes, il s’en faut beaucoup. Ce