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qui commençait à naître, d’accorder de la puissance dans le monde à ceux qui ont renoncé au monde.

Vala, abbé de Corbie, son parent par bâtardise, commença cette scène mémorable. C’était un homme furieux par zèle ou par esprit de faction, ou par tous les deux ensemble, et l’un de ces chefs de parti qu’on a vus si souvent faire le mal en prêchant la vertu et troubler tout par l’esprit de la règle.

Dans un parlement tenu en 829 à Aix-la-Chapelle, parlement où étaient entrés les abbés parce qu’ils étaient seigneurs de grandes terres, ce Vala reproche publiquement à l’empereur tous les désordres de l’État. C’est vous, lui dit-il, qui en êtes coupable. Il parle ensuite en particulier à chaque membre du parlement avec plus de sédition. Il ose accuser l’impératrice Judith d’adultère. Il veut prévenir et empêcher les dons que l’empereur veut faire à ce fils qu’il a eu de l’impératrice. Il déshonore et trouble la famille royale, et par conséquent l’État, sous prétexte du bien de l’État même.

Enfin l’empereur irrité renvoie Vala dans son monastère, d’où il n’eût jamais dû sortir. Il se résout, pour satisfaire sa femme, à donner à son fils une petite partie de l’Allemagne vers le Rhin, le pays des Suisses, et la Franche-Comté.

Si dans l’Europe les lois avaient été fondées sur la puissance paternelle, si les esprits eussent été pénétrés de la nécessité du respect filial comme du premier de tous les devoirs, ainsi que je l’ai remarqué de la Chine[1] les trois enfants de l’empereur, qui avaient reçu de lui des couronnes, ne se seraient point révoltés contre leur père, qui donnait un héritage à un enfant du second lit.

D’abord ils se plaignirent ; aussitôt l’abbé de Corbie se joint à l’abbé de Saint-Denis, plus factieux encore, et qui, ayant les abbayes de Saint-Médard de Soissons et de Saint-Germain des Prés, pouvait lever des troupes, et en leva ensuite. Les évêques de Vienne, de Lyon, d’Amiens, unis à ces moines, poussent les princes à la guerre civile, en déclarant rebelles à Dieu et à l’Église ceux qui ne seront pas de leur parti. En vain Louis le Débonnaire, au lieu d’assembler des armées, convoque quatre conciles, dans lesquels on fait de bonnes et d’inutiles lois. Ses trois fils prennent les armes. C’est, je crois, la première fois qu’on a vu trois enfants soulevés ensemble contre leur père. L’empereur arme à la fin. On voit deux camps remplis d’évêques, d’abbés, et de moines. Mais du côté des princes est le pape Grégoire IV,

  1. Chapitre ier.