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AVIS DES ÉDITEURS[1]
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Nous avons réimprimé le plus correctement que nous avons pu la Philosophie de l’Histoire, composée d’abord uniquement pour l’illustre marquise du Châtelet-Lorraine, et qui sert d’introduction à l’Essai sur les Mœurs et l’Esprit des nations, fait pour la même dame. Nous avons rectifié toutes les fautes typographiques énormes dont les précédentes éditions étaient inondées, et nous avons rempli toutes les lacunes, d’après le manuscrit original que l’auteur nous a confié.

Ce Discours préliminaire[2] a paru absolument nécessaire pour préserver les esprits bien faits de cette foule de fables absurdes dont on continue encore d’infecter la jeunesse. L’auteur de cet ouvrage a donné ce préservatif, précisément comme l’illustre médecin Tissot ajouta, longtemps après, à son Avis au peuple, un chapitre très-utile contre les charlatans. L’un écrivit pour la vérité, l’autre pour la santé.

Un répétiteur du collége Mazarin, nommé Larcher, traducteur d’un vieux roman grec intitulé Callirhoé, et du Martinus Scriblerus de Pope, fut chargé par ses camarades d’écrire un libelle pédantesque contre les vérités trop évidentes énoncées dans la Philosophie de l’Histoire. La moitié de ce libelle consiste en bévues, et l’autre en injures, selon l’usage. Comme la Philosophie de l’Histoire avait été donnée sous le nom de l’abbé Bazin, on répondit à l’homme de collége sous le nom d’un neveu de l’abbé Bazin ; et

  1. Cet avis a paru pour la première fois en 1785, dans les éditions faites à Kehl. Les éditeurs annonçaient qu’il était de Voltaire lui-même, qui s’occupait d’une nouvelle édition de ses ouvrages peu de temps avant sa mort.
  2. Ce que Voltaire appelle ici Discours préliminaire est, depuis les éditions de Kehl, intitulé Introduction.