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dit qu’on a trouvé une ancre de vaisseau sur la cime des montagnes de la Suisse ? cela est pourtant aussi faux que tous les contes qu’on trouve dans ces livres.

N’admettons en physique que ce qui est prouvé, et en histoire que ce qui est de la plus grande probabilité reconnue. Il se peut que les pays montagneux aient éprouvé par les volcans et par les secousses de la terre autant de changements que les pays plats ; mais partout où il y a eu des sources de fleuves, il y a eu des montagnes. Mille révolutions locales ont certainement changé une partie du globe dans le physique et dans le moral, mais nous ne les connaissons pas ; et les hommes se sont avisés si tard d’écrire l’histoire que le genre humain, tout ancien qu’il est, paraît nouveau pour nous.

D’ailleurs, vous commencez vos recherches au temps où le chaos de notre Europe commence à prendre une forme, après la chute de l’empire romain. Parcourons donc ensemble ce globe ; voyons dans quel état il était alors, en l’étudiant de la même manière qu’il paraît avoir été civilisé, c’est-à-dire depuis les pays orientaux jusqu’aux nôtres, et portons notre première attention sur un peuple qui avait une histoire suivie dans une langue déjà fixée, lorsque nous n’avions pas encore l’usage de l’écriture.