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AVERTISSEMENT


DE  BEUCHOT.
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L’Essai sur les Mœurs, dans sa forme actuelle, se compose de deux parties bien distinctes, rédigées toutes deux pour Mme du Châtelet, si l’on s’en rapporte à Voltaire ; mais les éditeurs de Kehl pensent que la première partie, écrite beaucoup plus tard que la seconde, n’a pas été composée pour cette dame.


I.


Les cinquante-trois paragraphes qui forment l’Introduction furent publiés, en 1765, sous le titre de : la Philosophie de l’histoire, par feu l’abbé Bazin, en un volume in-8°. En tête du volume était une dédicace à l’impératrice Catherine II, imprimée en petites capitales, et que voici :


À TRÈS-HAUTE ET TRÈS-AUGUSTE PRINCESSE CATHERINE SECONDE, IMPÉRATRICE DE TOUTES LES RUSSIES, PROTECTRICE DES ARTS ET DES SCIENCES, DIGNE PAR SON ESPRIT DE JUGER DES ANCIENNES NATIONS, COMME ELLE EST DIGNE DE GOUVERNER LA SIENNE : Offert très-humblement par le neveu de L’AUTEUR.


La Philosophie de l’histoire fut l’occasion de quelques écrits. Larcher (né en 1726, mort en 1812) publia un Supplément à la Philosophie de l’histoire, 1767, in-8°, qui eut une seconde édition en 1769. En critiquant l’ouvrage de Voltaire, Larcher avait usé d’un droit qu’a tout le monde, il est vrai ; mais il s’était laissé emporter à des expressions violentes qu’on peut qualifier d’odieuses.

Dans sa préface (page 34, soit de la première, soit de la seconde édition), à propos de quelques phrases qu’il citait d’un autre ouvrage de Voltaire (voyez le Dictionnaire philosophique, au mot Guerre), Larcher prétendait que c’était de la part de l’auteur « s’exposer à la haine du genre humain et vouloir se faire chasser de la société comme une bête féroce dont on a tout à craindre ». Ce n’est donc pas sans raison qu’on a reproché à Larcher d’avoir traité Voltaire de bête féroce.