Page:Vivien - heure mains jointes 1906.djvu/99

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Ses cheveux sont défaits et le soleil les dore.
Chaque matin, elle est plus blonde que l’aurore.

Ondoyante, elle sait promettre et décevoir.
Vers le couchant, elle est rousse comme le soir.

À l’heure vague où le regret se dissimule,
Elle a les yeux lointains et gris du crépuscule.

Lorsque le fil ambré du croissant tremble et luit
Sur les chênes, elle est brune comme la nuit.

Des rois ont partagé son lit d’or et sa table,
Mais nul n’a jamais vu sa face véritable.

Elle renaît, elle est plus belle chaque jour,
Et ses illusions trompent le simple amour.

Elle erre, comme un vent d’avril, sous la ramée,
Et vous reconnaissez en elle votre aimée.

Elle est celle qu’on ne rencontre qu’une fois.
Écoutez… Nulle voix n’est pareille à sa voix.