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Moi qui subis l’affront et le courroux des forts,
Je t’apporte, Dieu pauvre et triste, ces offrandes :
Des violettes que je cueillis chez les morts
Et des fleurs de tabac qui s’ouvraient, toutes grandes…

Dans un coffret de jade aux fermoirs de cristal,
Dieu pauvre, je t’apporte humblement mon cœur sombre,
Car je ne sais aimer que ce qui me fait mal,
Éprise d’un fantôme et de l’ombre d’une ombre…

Je ne demande rien à ta Divinité
Sans parfums et que nul prêtre n’a reconnue…
Nul roi n’a jamais craint de t’avoir irrité
Et n’a pleuré devant ta châsse froide et nue.

Mais moi qui hais la foule à l’entour des autels,
Moi qui raille l’espoir cupide des prières,
Je te consacre, ô le plus doux des Immortels,
Ce chant pieux fleuri sur mes lèvres amères.