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Guerle en faisait le charme et l’ornement par le nombre et la variété des productions dont sa muse aimable et facile leur apportait fidèlement les prémices. C’est là qu’il récita successivement Stratonice et son Peintre, Salix et Pholoé ou l’Origine du Saule, Pradon à la comédie, et une foule de pièces charmantes dont les recueils du temps s’enrichissaient à l’envi, et qu’ils sauvaient par-là de l’oubli auquel les eût probablement condamnées la trop modeste timidité de leur auteur. Placé par l’opinion publique et le suffrage des vrais connaisseurs au rang des Parny et des Bertin, le nouveau chantre des Amours, l’imitateur original de Tibulle et de Properce, ne s’occupa jamais du soin de réunir, et bien moins encore de publier ses Œuvres poétiques. Espérons que des éditeurs, plus jaloux de sa mémoire et de l’honneur des lettres françaises, feront ce qu’il n’a pas fait, et le rendront tout entier à sa renommée.

Toujours fidèle au culte des Muses, qui n’eurent jamais pour lui que des faveurs, il s’occupait depuis quelques mois d’un ouvrage plus important, d’un poème élégiaque intitulé Œnone et Paris ; déjà même trois chants de cet ouvrage étaient achevés, lorsqu’une carrière nouvelle, celle de l’instruction publique, s’ouvrit pour M. De Guerle.

Il ne sentit plus, dès lors, que la gravité des obligations et l’étendue des devoirs qui lui étaient imposés : dévoué sans réserve comme sans regret à ses fonctions nouvelles, il renonça pour toujours au commerce des Muses légères pour se livrer tout entier aux travaux plus sérieux du professorat. Jamais