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Des travaux plus graves occupaient alors M. De Guerle : il préparait et ne tarda pas à publier sa traduction en vers du Poème de la Guerre civile de Pétrone[1]. Cet ouvrage, où le traducteur français se montra l’heureux rival du poëte latin, prouva que M. De Guerle savait prendre plus d’un ton, et que la Muse érotique n’était pas la seule qui l’inspirât heureusement ; il prouva surtout que le goût et la décence le dirigeaient dans le choix de ses travaux. Il reconnut sans peine qu’une traduction complète de Pétrone ne devait pas même être tentée en français par un écrivain qui se respecte, mais que des beautés poétiques du premier ordre, perdues dans une foule de détails ignobles ou révoltans, en pouvaient être détachées avec succès. Les applaudissemens que méritaient et obtinrent ces essais sur Pétrone prouvèrent la justesse de ce calcul. Cet ouvrage est accompagné de Recherches sceptiques tant sur la satyre de Pétrone que sur son auteur présumé. Si cette ingénieuse dissertation n’a pas levé tous les doutes, et résolu ce grand problème qui a si long-temps occupé les savans de l’Europe, elle conduit du moins à des probabilités raisonnables, ce qui est toujours beaucoup, quand il n’y a pas d’espoir d’arriver à la certitude.

Membre de plusieurs sociétés littéraires, M. De

  1. Cette belle traduction a reparu, avec de nouvelles corrections de l’auteur, dans l’édition de la Pharsale de Lucain publiée par M. Amar, en 1816, chez Aug. Delalain.