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à peu près, parce que l’architecte a triché afin de dégager, autant que faire se pouvait, les naissances de ces arcs sans charger trop inégalement les colonnes. Pour cela, il a donné un peu plus de saillie extérieurement aux tailloirs des chapiteaux, et ceux-ci ne sont pas carrés, mais leurs côtés normaux à la courbe du chevet (voyez la figure 18, en A).

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Ce constructeur a, de plus, doublé ces archivoltes du côté du collatéral, afin de surhausser les voûtes, et de faire que l’extrados de cet arc doublant eût un rayon plus étendu. De a en b, il existe un épais formeret dont le rayon — vu l’écartement des piles engagées P, P — est beaucoup plus grand que ne sont les rayons des archivoltes et arcs-doubleaux. Aussi l’architecte a-t-il placé la naissance de ce formeret au-dessous de celle des autres arcs, ainsi que l’indique la coupe C faite sur l’axe OA. Malgré l’abaissement de cette naissance, la clef du formeret s’élève au-dessus de celle des archivoltes doublées, et la voûte présente une section rampante, qui du reste est favorable à l’introduction de la lumière. Il s’agissait de bander les voûtes qui n’ont point encore d’arcs ogives (diagonaux). Ces voûtes étant construites en moellon piqué, le constructeur a procédé ainsi que l’indique la perspective (fig. 19). Il a enchevêtré les claveaux à la rencontre des berceaux formant arêtes au moyen de coupes biaises faites sur le tas. On conçoit que cette structure ne pouvait être très-solide, et que ces arêtes ne se soutenaient que parce que les angles qu’elles forment sont très-obtus. L’aspect n’en était pas satisfaisant,