Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 8.djvu/440

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[solive]
— 437 —

lambourdes, leur portée reste toujours franche, et les chanfreins, moulures et sculptures ne commencent qu’à une certaine distance de cette portée. Voici (fig. 1) plusieurs exemples de solives.

Solives.medievales.png

L’exemple A (XIIIe siècle) provient d’un plancher d’une maison à Angers. Les deux arêtes inférieures sont abattues par un cavet peu prononcé. Les exemples B proviennent de la tribune des orgues de l’église de Saulieu (Côte-d’Or). Ces dernières solives, finement profilées, datent du XIVe siècle. Des ornements sculptés seulement près de la portée donnent, pour l’œil, de la force à celle-ci. Au XVe siècle, les solives prennent (quand elles sont taillées dans du sapin principalement) peu d’épaisseur et beaucoup de champ, ainsi que le fait voir l’exemple figure 2, provenant d’une maison de Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne). Alors elles sont assemblées dans les poutres maîtresses par un repos et un tenon (voyez en A). Ces sortes de solives sont espacées les unes des autres de 0m,60 à 0m,90, et reçoivent des entretoises qui portent l’aire et le plafonnage. Dans quelques villes méridionales, telles que Narbonne, Béziers, Aigues-Mortes, Perpignan, etc., on n’employait que le sapin pour les planchers ; les poutres maîtresses sont assez voisines les unes des autres et les so-