Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 8.djvu/349

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[serrurerie]
— 346 —

équerres simples ou à pivots, tous objets de quincaillerie de bâtiment qui sont traités avec soin par ces artisans du moyen âge, et qui ont une certaine importance.

Pendant le XIIIe siècle, les châssis des croisées étaient le plus souvent dépourvus de dormants et battaient dans les feuillures de pierre. On faisait ces châssis à pivots hauts et bas, entrant dans des crapaudines ou douilles scellées dans la pierre même[1]. Chaque pivot était soudé à une équerre qui prenait le champ du châssis et se développait sur sa face intérieure.

Equerre.XIIIe.siecle.png

La figure 40 représente, en A, une de ces équerres munie d’un mamelon ou pivot a. L’équerre est renforcée au coude, entaillée sur les champs vertical et horizontal du châssis, et déborde en saillie sur la face, au moyen des petits talons b. En B, on voit une autre sorte de pivot dont les bandes embrassent les deux faces intérieure et extérieure du châssis, avec appendice formant équerre. La figure 41 présente une véritable paumelle dont la partie A est clouée sur le dormant, et la partie B sur le châssis ouvrant[2]. Les platines de la paumelle sont vues, ajourées, découpées et gravées. On reconnaissait alors les inconvénients des clous ordinaires, et le serrurier avait le soin de poser deux clous à tête qua-

  1. Les montants de ces châssis étaient, souvent même, munis de pivots de bois conservés à chaque extrémité.
  2. D’un châssis de croisée d’une maison à Flavigny (Côte-d’Or). Cette paumelle date du XIVe siècle, et le châssis bat sur un dormant.