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que le fer refroidit. Si les deux pièces étaient chauffées au rouge blanc, on risquerait, au premier coup de marteau, de ne plus rien trouver sur l’enclume. C’était par les différents degrés de chauffage que les forgerons pouvaient arriver à souder un grand nombre de pièces, comme nous le verrons tout à l’heure.

Les fausses pentures de Saint-Martin, à Angers, datent du XIIe siècle, et présentent, pour l’époque, cette particularité curieuse des évidements ménagés dans les bandes et découpés après la soudure des pièces. Le battage des deux fers superposés, du cercle et des deux branches de la croix, donnait après l’opération la forme D, — cette forme D étant la réunion E, — car la double épaisseur du fer, sous le marteau, s’était étendue en remplissant les angles. Ces angles étaient élégis au burin, sans le secours de la lime, qui n’était pas employée à cette époque. Il était plus rationnel de donner cependant plus d’épaisseur ou de largeur aux parties soudées, et de profiter ainsi du procédé pour contribuer à l’ornementation.

Penture.porte.cathedrale.Schlestadt.png


C’est dans cet esprit que sont fabriquées les jolies pentures du XIIe siècle attachées à la porte méridionale de l’ancienne cathédrale de Schlestadt, et dont nous donnons le dessin figure 7. Le collet A