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passionne pour son modèle, il lui trouve chaque jour des aspects nouveaux, des qualités charmantes qui lui échappaient. Alors la traduction devient de plus en plus littérale. De créateur (créateur de seconde main) il devient copiste ; il est subjugué par la divinité qui l’inspirait à mesure qu’il la connaît mieux, et ne pense plus qu’à la montrer telle qu’il la voit. C’est l’heure du naturalisme, heure qui a sonné pour la Grèce et pour nos écoles du XIIe siècle.

Chapiteau.pignon.occidental.eglise.Vezelay.png

Mais dans ce naturalisme de la sculpture, l’art n’entre-t-il pour rien ? Si fait : la composition, l’agencement de ces charmants modèles recueillis dans les champs, comptent pour quelque chose, et en cela nos artistes, le naturalisme admis, sont encore des maîtres.

Pour la statuaire, il se manifeste un besoin de formules ; on n’admet plus alors, il est vrai, le mode hiératique, traditionnel, mais on sent la nécessité, quand l’art pénètre partout, exige un grand nombre de mains, d’établir des méthodes pratiques qui permettent d’éviter de grossières erreurs. Bien entendu, les chefs-d’œuvre, ou plutôt ceux qui ont assez de génie pour en produire, se préoccupent médiocrement de ces règles. Mais c’est précisément en s’appuyant sur ces œuvres des maîtres que l’on