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pages (4) ; traces dont nous n’avons pu déchiffrer le sens. Peut-être quelques archéologues seront-ils plus heureux que nous. Sans donner ici notre opinion pour autre chose que comme une hypothèse nouvelle, nous verrions dans cette statue le Christ dominateur : Christus regnat, Christus imperat.

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Les colonnettes et chapiteaux de la claire-voie, son encadrement et les fenêtres, étaient colorés ; sur les murs des salles recouverts d’enduits, nous avons pu constater des traces de peintures de deux époques (XIIe et XVe siècle). Derrière le portique du rez-de-chaussée était une place ayant toujours servi de marché ; autrefois on ne pouvait y arriver qu’en passant sous les arcades du rez-de-chaussée.

Si nous voyons encore, dans le nord de l’Allemagne et en Belgique, des hôtels de ville d’une époque assez ancienne, comme ceux de Lubeck, d’Aix-la-Chapelle, bâtis au XIIIe siècle, ceux de Brunswick, de Dantzig, de Munster, de Ratisbonne, élevés pendant les XIVe et XVe siècles, nous ne possédons plus en France d’édifices de ce genre, sauf celui de Saint-Antonin, antérieurs à la fin du XVe siècle et au commencement du XVIe. On peut encore étudier les hôtels de ville de cette époque à Orléans, à Compiègne, à Saumur, à Luxeuil, à Beaugency, à Saint-Quentin. Entre tous, le plus complet, le plus remarquable, est certainement l’hôtel de ville de Compiègne, gravé avec beaucoup de soin dans l’ouvrage de MM. Verdier et Cattois[1].

  1. Archit. civ. et domest. au moyen âge et à la Renaissance, t. I.