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sur le champ du fer. C’est cependant ce que firent souvent les forgerons du XIIIe siècle.

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On voit encore dans l’église de Braîne, près de Soissons, des portions de grilles dormantes d’un charmant dessin, forgées suivant cette méthode. Très-légères en apparence, ces grilles, dont les fers se présentent de champ, ont une grande solidité. Nous donnons (10) un des fragments de leurs panneaux. En A est tracée la section des brindilles, grandeur d’exécution. Ces brindilles sont étampées des deux côtés en B et C, ce qui ajoute singulièrement à la difficulté d’exécution. L’épaisseur du champ diminue beaucoup à l’extrémité de chaque tigette portant un ornement, de manière à ce que ces ornements se renferment dans l’épaisseur EF.

Cependant l’art du forgeron, en France, ne restait pas stationnaire ; il cherchait des moyens nouveaux, des formes qui n’avaient pas encore été employées. Dès le commencement du XIVe siècle, le système des grilles composées de brindilles contournées et étampées, assemblées au moyen d’embrasses non soudées, comme les grilles de Saint-Denis, de Saint-Germer, de Saint-Aventin[1], de Braîne, de la cathédrale de Reims, n’étaient plus guère usitées ; on cherchait d’autres combinaisons, on introduisait les plaques de fer battu découpées et modelées, comme

  1. Voy. Gailhabaud, L’Architecture du Ve au XVIIe siècle et les arts qui en dépendent, t. IV.