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à ces angles. Ces premières griffes (3) sont très-simples de forme :

Illustration fig3 6 56.png


ce sont des boutons, des ergots qui, partant du tore, s’appuient sur la surface triangulaire des quatre angles de la plinthe (voy. Base). Mais bientôt, ces appendices étant fort près de l’œil, on en fit des morceaux de sculpture très-soignés et souvent très-riches. Au XIIe siècle, dans les édifices rhénans, on voit des bases de colonnes cylindriques armées de griffes volumineuses, finement sculptées, qui amortissent puissamment les tores sur les plinthes. Voici (4) une de ces griffes provenant des bases des gros piliers du chœur de la cathédrale de Strasbourg.

Illustration fig4 6 56.png


Cet ornement donne à la base une fermeté très-convenable à ce membre de l’architecture, fermeté qui manque absolument à la base romaine ; le gros tore inférieur, aplati (voy. Base), se prête d’ailleurs à recevoir ces appendices.

Autour du chœur de l’église abbatiale de Vézelay, les gros piliers