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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/532

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noües ou esviers aussi de pierre (comme aussi auroient iceux recouvert de fort grandes pierres) contenans, iceux aquéducs, cinq cents toises de longueur et plus,

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sans qu’il y aie aucune clarté sinon celle que l’on y peut porter avec feu, et de six pieds de hauteur sur trois pieds de largeur, le long desquels les personnes peuvent facilement cheminer la lumière à la main ; lesquels aquéducs sont accompagnez d’auges ou réceptacles pour faire roüer et purifier l’eau des dites sources : à l’entrée desquels est une forme de bastiment, auquel y a un grand réceptacle servant d’acueil (d’émissaire) pour recevoir les eaues descendants d’une montagne sablonneuse, appellée la montagne de Belle-Ville-sur-Sablon, au haut et fin duquel aqueduc est un regard en forme ronde, et au milieu d’iceluy une forme de puits, servant d’auge à recevoir trois belles sources, descendant en iceluy par trois divers endroits. Édifice voûté en forme ronde appellé cul-de-four, garny de son ouverture pour une lanterne à jour ; et en iceluy deux descentes de pareille forme ronde ; édifice artiste et curieusement bâti : desquelles noües et esviers, en l’an 1457, en fut refait de neuf environ quatre vingt seize toises de longueur, le surplus desdits acquéducs ou canaux basty de grande antiquité… » Que cet aqueduc fût d’origine romaine ou qu’il ait été bâti dans les premiers siècles du