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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/488

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de l’église abbatiale de Bourg-Dieu près Châteauroux (Déols) sculpture date de 1130 environ (1).

Chapiteau.eglise.Bourg.Dieu.png

Or voici (2) des feuilles de fougère au moment où elles commencent à se développer, à sortir de leur tissu cotonneux. Il n’est pas besoin, pensons-nous, de faire remarquer, dans ce chapiteau, l’intention évidente de l’artiste ; il a certainement voulu se servir de ces formes puissantes données par ces bourgeons de fougère, de la fougère qu’on trouve partout, en France, sous les grands bois. Le sculpteur ne s’est inspiré ni des traditions romaines, ni des ornements byzantins : il a cueilli un brin de fougère, l’a examiné curieusement, s’est épris de passion pour ces charmantes productions naturelles, puis il a composé son chapiteau. Observons à notre tour cette fig. 2 ; nous aurons l’occasion d’y revenir. C’est là, pour cette époque, disons-le encore, un fait isolé. Mais bientôt l’école des architectes laïques s’élève, s’empare de toutes les constructions, particulièrement dans le domaine royal. Dès ses premiers pas, on sent que cette école laïque veut rompre avec les traditions d’art des moines. Il y avait peut-être de l’ingratitude dans le procédé, puisque cette école s’était élevée sous les voûtes des cloîtres ; mais cela nous importe peu aujourd’hui. Comme système de