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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/44

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[donjon]
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couvraient encore en 1708 le second étage.

Coupe.voute.donjon.Arques.png


Cependant les profils des arcs de ces voûtes (5) font assez voir qu’elles appartiennent aux restaurations de la fin du XVe siècle. Primitivement, les étages du donjon, conformément à la méthode normande, n’étaient séparés que par des planchers en bois dont on trouve les traces sur les parois intérieures. Le plan de la plate-forme, donné dans les dessins de 1708, fait assez voir que le mur de refend n’existait plus au troisième étage. C’était de cet étage, en effet, que le commandement devait se faire et la défense s’organiser avec ensemble.

Ce plan donc (fig. 4) indique une seule salle X, avec un poteau central, destiné à soulager la charpente supérieure ; un réduit Y, qui pouvait servir de chambre au commandant ; les mâchicoulis percés dans la chambre Z, au-dessus de la grande rampe de l’escalier ; les deux mâchicoulis aa, auxquels on arrivait par les deux baies bb ; le couloir cc de défense, pris dans l’épaisseur du mur au-dessus des arcs de ces mâchicoulis, et les mâchicoulis d’angle dd. Dans ce plan, on voit aussi la défense de la traverse e qui commandait le dehors et permettait de voir ce qui se passait dans le fossé du côté de la porte. En f est une cheminée et en h un four, car le donjon contenait un moulin (à bras probablement). Nous ne possédons sur la disposition de l’étage supérieur crénelé que des données très-vagues, puisqu’en 1708 cet étage était détruit ; nous voyons seulement, dans un compte de réparations de 1355 à 1380[1], que des tourelles couvertes de plomb terminaient cet étage ; ces tourelles devaient être des échauguettes pour abriter les défenseurs, ainsi qu’il en existe encore au sommet du donjon de Chambois[2]. Le plan de cet étage, que nous donnons (6), indique en l, l′ deux échauguettes ; l’échauguette l′ montrant son mâchicoulis i ouvert sur la rampe du grand escalier ; de plus, en m, on aperçoit les ouvertures des autres mâchicoulis commandant les rentrants des contre-forts. Celui m′ s’ouvrait sur la rampe inférieure du grand escalier, montant derrière un simple mur de garde non couvert, tracé en D′ dans le plan du rez-de-chaussée, fig. 1.

La fig. 7 présente la façade du donjon d’Arques, sur la cour. En A est

  1. Manuscrit de la bibliothèque impériale.
  2. Voir plus loin ce donjon.