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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/369

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[fenêtre]
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pierre suivant la figure d’un cintre, et l’arc appareillé était réservé pour l’ébrasement, afin de soutenir la charge de la construction supérieure. La pierre taillée extérieure, formant linteau cintré, n’avait alors que l’épaisseur du tableau AB (2). Presque toujours pendant les premiers siècles, c’est-à-dire du VIIIe au XIe, les jambages de ces baies se composent de grandes pierres en délit avec liaisons au-dessus de l’appui et sous l’arc. La fenêtre primitive romane était ainsi construite comme la fenêtre antique. Quant aux proportions de ces fenêtres percées dans des édifices, elles sont soumises à la place qui leur est assignée ; elles sont habituellement courtes dans les étages inférieurs, et longues dans les étages supérieurs. D’ailleurs, l’idée de défense dominant dans toutes les constructions romanes du VIIIe au XIIe siècle, on avait le soin de ne percer que de petites fenêtres à rez-de-chaussée, assez étroites souvent pour qu’un homme n’y pût passer ; ou bien, si l’on tenait à prendre des jours assez larges, on divisait la fenêtre par une colonnette ainsi que l’indique la fig. 3.

Fenetre.romane.a.colonnette.png

Dans ce cas, la baie consistait réellement en une arcade ayant la largeur EF et le cintre D ; du côté de l’extérieur on posait un linteau à double cintre G sur