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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/354

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dit M. Didron[1], que ces attributs et les évangélistes doivent occuper est celle-ci, en ligne ascendante, de bas en haut : le bœuf, le lion, l’aigle, l’ange (l’homme)[2]… Dans les angles d’un carré, comme on les met très-souvent, les attributs des évangélistes doivent être constamment placés dans cet ordre hiérarchique : en haut, l’ange est à droite et l’aigle à gauche (du Christ) ; en bas, le lion est à droite et le bœuf sous l’aigle. Quand cet ordre n’est pas suivi, il y a erreur. Cependant on n’a pas toujours été d’accord, ni sur la place à leur donner, ni sur l’application spéciale qu’on en devait faire à chacun des évangélistes… » Depuis le XIIe siècle, dans les monuments occidentaux, l’ordre que nous donnons est suivi sans exceptions, quant à l’application des symboles, à chacun des évangélistes.

ÉVANGILE, s. m. Livre renfermant les quatre évangiles. Dans les sculptures et peintures du moyen âge, à dater du XIe siècle, le livre des évangiles est placé entre les mains du Christ-Homme, sous la forme d’un livre ouvert ou fermé ; le plus souvent fermé à partir du XIIIe siècle. Dans les représentations d’autels, on voit le livre des évangiles posé sur la table et fermé.

ÉVÊCHÉ, s. m. Évesquie, éveschie. Palais épiscopal. Les palais épiscopaux ou archiépiscopaux ne diffèrent en rien des habitations seigneuriales urbaines du moyen âge. Ils possèdent leur grand’salle (salle synodale), leurs portiques ouverts, de vastes logements ; presque toujours ils conservent les signes de la demeure féodale, c’est-à-dire qu’ils sont fortifiés sur les dehors, munis de créneaux et de tours (voy. Palais, Salle, Tour). Il ne nous reste en France que peu d’évêchés ou archevêchés anciens. Toutefois, nous signalerons ici le palais archiépiscopal de Narbonne, XIVe siècle (aujourd’hui hôtel de ville et musée) ; les évêchés de Laon, XIIIe siècle (palais de justice aujourd’hui), de Meaux (substruction et chapelle du XIIe siècle), d’Auxerre, XIIe et XIIIe siècles (préfecture aujourd’hui) ; les palais archiépiscopaux de Rouen (restes des XIIIe, XIVe et XVe siècles), de Sens (salle du XIIIe siècle), de Reims (restes des XIIIe et XVe siècles) ; les évêchés d’Évreux (XVe siècle), de Luçon (XVe siècle), de Beauvais, XIIe et XVe siècles (palais de justice aujourd’hui), de Soissons (restes des XIIIe et XVIe siècles).

ÉVIER, s. m. Vidange des eaux ménagères. Dans les offices des châteaux on retrouve presque toujours la trace d’éviers destinés à rejeter au

  1. Manuel d’Iconograp. chrét., grecque et latine, avec une introduction et des notes, par M. Didron ; trad. du manuscrit byzantin le Guide de la peinture, par le Dr Paul Durand. Imp. roy., 1845.
  2. Ces quatre figures sont ailées. Dans l’Iconographie grecque elles ont quatre ailes ; mais dans les sculptures du moyen âge, en France, elles n’en possèdent que deux.