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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/348

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[étrésillon]
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colonnettes, celles des arcs moulurés portent toujours, dans les angles rentrants, des gorges ou des filets plats qui arrêtent l’outil assez à temps pour l’empêcher d’étonner la pierre. Si nous profilons une pile d’après le tracé A, fig. 1, il est certain que pour obtenir les aiguités B, le tailleur de pierre étonnera son bloc ; mais si nous traçons la section C, en réservant des filets plats D dans ces angles rentrants, nous éviterons ce grand inconvénient ; la pierre, quoique évidée, conservera son nerf (voy. Profil ).

ÉTRÉSILLON, s. m. Pièce de bois destinée à empêcher deux parties d’une construction de se rapprocher. Lorsqu’un mur percé de baies fléchit, se disloque, la première opération à faire est d’étançonner les baies (1). A sont les étançons serrés entre les tableaux des baies sur des couches verticales B.

Dans les maçonneries, les architectes du moyen âge ont souvent admis l’étrésillonnement comme un moyen de construction fixe, ainsi que les arcs-boutants, qui peuvent bien passer pour un étaiement permanent. Le porche sud de la cathédrale du Puy-en-Vélay, bâti vers 1150, présente un exemple très-étrange de l’emploi des étrésillons fixes dans la maçonnerie.

Etresillon.porche.Puy.en.Velay.png


Ce porche s’ouvre par une grande archivolte possédant un arc isolé concentrique (2),