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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/338

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[étai]
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bois beaucoup trop flexible ; il se courbe et se tourmente en tout sens sous la charge, si bien moisé qu’il soit.

Pour obtenir un étaiement simple d’une grande puissance, on ne doit jamais se fier à un seul brin de sapin, si gros et sain qu’il soit ; il est nécessaire de doubler l’étai, c’est-à-dire de placer deux étais dans le même plan perpendiculaire à la face du mur ou de la pile à étayer, et de moiser ensemble ces deux étais.

Etai.mur.png


Un étaiement puissant est celui-ci, fig. 3, et jamais les deux ou trois brins posés dans un même plan ne doivent être parallèles ; ils doivent toujours former un triangle ou une portion de triangle, par cette raison qu’un triangle ne peut se déformer : étant moisés, les brins posés non parallèles présentent un tout homogène, comme une équerre énorme ; tandis qu’étant parallèles, ils peuvent, ainsi que le démontre la fig. 3 bis, si bien moisés qu’ils soient, se contourner sous la charge. Il n’est pas indifférent de poser les étais plus rapprochés au sommet ou au pied. Si (fig. 3) un mur AB présente un bouclement brusque en C, la batterie d’étais devra être posée comme l’indique le tracé D, c’est-