Ouvrir le menu principal

Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/337

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[étai]
— 335 —

en pierre dure faisant saillie sur le parement, et, posant sous son lit inférieur une bonne calle C en cœur de chêne, on serrera au-dessous la tête de l’étai D.

Etai.mur.et.voute.2.png


Il n’est pas besoin de dire que l’architecte doit apporter la plus grande attention, en tous cas, au sol sur lequel repose la plate-forme, plateselle, sole ou patin recevant le pied d’un étai ; trop souvent on néglige de s’assurer de la qualité résistante de ces points d’appuis ; il en résulte que les étais enfoncent leurs patins sous la charge. Ces plates-formes doivent être posées sur un sol uni ; elles doivent être larges, épaisses, bien callées suivant l’inclinaison voulue, et garnies en bon plâtre par-dessous. À Paris, l’habitude que l’on a de faire de très-grandes constructions, de reprendre en sous-œuvre des maisons très-élevées et très-lourdes, fait que l’on étaye généralement avec adresse et solidité ; mais en province, nos architectes et entrepreneurs n’apportent pas toujours, dans ces opérations délicates, l’attention et le soin qu’elles exigent.

Le meilleur bois pour faire des étais est évidemment le sapin, parce qu’il est droit, long et extrêmement roide ; il est difficile de faire de bons étaiements en chêne, d’une longueur médiocre généralement, courbe souvent, lourd, d’un levage plus pénible par conséquent. Toutefois, dans les étaiements, le chêne doit être de préférence employé pour les plates-formes, pour les calles et les chapeaux des chevalements, parce que son tissu ne s’écrase pas sous la charge comme celui du sapin. Le peuplier, que dans quelques parties de la France on emploie comme étai, est un