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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/258

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[engin]
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bord antérieur de la caisse et sa culasse posant sur le fond. En A, on voit la coupe transversale de la pièce dans son encaissement et la disposition des cordes qui la maintiennent fixe. Le recul de la pièce était évité au moyen des piquets B enfoncés en terre. En C est placé le fourneau propre à chauffer les lances à bouter le feu. La charge de poudre était introduite au moyen de grandes cuillers en fer battu. On conçoit qu’un pareil engin devait être peu maniable et qu’on ne pouvait que l'affûter une fois, c’est-à-dire le mettre en position de manière à envoyer les projectiles sur un même point : aussi ces pièces n’étaient-elles employées que dans les sièges et ne s’en servait-on pas en campagne. Si les artilleurs prétendaient se garder des éclats d’une bouche à feu défectueuse, ils pensaient aussi à se mettre à l’abri des projectiles ennemis. À cet effet, d’épais mantelets en bois étaient dressés devant les pièces d’artillerie. Ces mantelets roulaient sur un axe horizontal, étaient relevés au moment du tir, et retombaient verticalement par leur propre poids lorsque la pièce était déchargée, de manière à la masquer complètement ainsi que les servants occupés à la recharger (27)[1].

Mantelet.protegeant.canon.png


On fabriquait aussi alors des affûts triangulaires, plus

  1. Au siège du château de Pouques, en 1453, où fut tué Jacques De Lalain, lui et