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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 5.djvu/166

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[église]
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ses collatéraux était lambrissée ainsi que le transsept. Quatre arcs doubleaux, sur la croisée, portaient une tour très-probablement ; le chœur seul est voûté.

Dès le XIe siècle, on construit à Paris l’église du prieuré de Saint-Martin-des-Champs de l’ordre de Cluny, dont le chœur existe encore. Déjà, dans cet édifice, le sanctuaire est entouré d’un bas-côté avec chapelles rayonnantes[1]. Même disposition dans l’église abbatiale de Morienval (Oise), qui date du commencement du XIe siècle.

Mais c’est au XIIe siècle que, dans l’Île-de-France, l’architecture religieuse prend un grand essor. Au milieu de ce siècle, l’abbé Suger bâtit l’église abbatiale de Saint-Denis avec nombreuses chapelles rayonnantes autour du chœur. Immédiatement après s’élèvent les cathédrales de Noyon, de Senlis[2], de Paris[3], l’église abbatiale de Saint-Germer, les églises de Saint-Maclou, de Pontoise, dont il ne reste que quelques parties anciennes à l’abside, les églises de Bagneux et d’Arcueil, celle de l’abbaye de Montmartre, la petite église de Saint-Julien-le-Pauvre à Paris, celle de Vernouillet, de Vétheuil dont le chœur seul du XIIe siècle subsiste, l’église de Nesles (Seine-et-Oise), le chœur de l’église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés à Paris, les églises de Saint-Étienne de Beauvais[4], de Saint-Évremont de Creil, de Saint-Martin de Laon, l’église abbatiale de Saint-Leu d’Esserent (Oise), la cathédrale de Soissons[5].

école franco-champenoise. Cette école est un dérivé de la précédente ; mais elle emprunte certains caractères à l’école champenoise, qui est plus robuste et conserve des traditions de l’architecture antique. Les matériaux de la Brie sont peu résistants, et les constructeurs ont tenu compte de leur défaut de solidité en donnant aux piliers, aux murs, une plus forte épaisseur, en tenant leurs édifices plus trapus que dans l’Île-de-France proprement dite.

La cathédrale de Meaux appartient encore entièrement à l’école française[6] ; mais l’influence de l’école champenoise se fait sentir à la fin du XIIe siècle dans les églises de Saint-Quiriace de Provins, de Moret[7], de Nemours, de Champeaux, de Brie-Comte-Robert.

école champenoise. C’est une des plus brillantes ; elle se développe rapidement, et ses premiers essais sont considérables. Les églises champe-

  1. Presque toutes les voûtes hautes et basses de ce chœur ont été remaniées vers la fin du XIIe siècle.
  2. Au XIIe siècle, la cathédrale de Senlis n’avait pas de transsept.
  3. Tout fait supposer que le plan de la cathédrale de Paris avait été primitivement conçu sans transsept, comme l’église Notre-Dame de Mantes et l’église collégiale de Poissy, et plus tard la cathédrale de Bourges.
  4. La nef seule date du XIIe siècle, le chœur a été rebâti.
  5. Il ne s’agit ici que du bras de croix méridional de cette cathédrale.
  6. La cathédrale de Meaux a été modifiée depuis la fin du XIIe siècle, époque de sa construction (voy. Cathédrale).
  7. Le chœur seul date du XIIe siècle ; il est dépourvu de bas-côtés.