Ouvrir le menu principal

Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/57

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[charpente]
— 54 —

traversent l’épaisseur du mur et apparaissent à l’extérieur). Les bouts de ces poutres reçoivent la sablière basse B. Sur la sablière s’assemblent les poteaux principaux P au droit des poutres horizontales A ; puis, dans l’intervalle d’une poutre à l’autre, se dressent d’autres poteaux C, dont le dévers est maintenu par des alléges D munies de croix de Saint-André. Ces poteaux C s’assemblent à leur tête dans un chapeau F, qui est lui-même assemblé à tenons et mortaises dans les poteaux principaux P. Des liens G élégis en tiers-point avec redents forment une succession de fenêtres éclairant l’intérieur. Les chapeaux F portent deux potelets H au droit des poteaux C qui soulagent la sablière haute destinée à recevoir la charpente du comble. Mais cette sablière est double, suivant l’usage, ainsi que l’indique la coupe K. La sablière extérieure I, qui ne porte que les coyaux du comble, est posée sur les bouts des poutres L assemblées sur la tête des poteaux principaux P. Ces poutres L remplissent la fonction d’entraits pour les fermes des combles et portent les solives du plancher haut. La sablière intérieure M, qui ne peut fléchir puisqu’elle est soutenue par les potelets, reçoit le pied du chevronnage. Les alléges et les intervalles carrés entre les potelets sont remplis par une maçonnerie légère, On remarquera que les bouts des poutres supérieures L sont épaulés par des liens N assemblés dans les gros poteaux P.

Dans les villes du moyen âge, encloses de murs, la place était rare ; aussi les maisons prenaient-elles, aux dépens de la voie publique, plus de largeur à chaque étage ; elles présentaient ainsi une succession d’encorbellements assez saillants parfois pour qu’il fût possible de se donner la main des étages supérieurs des maisons situées en face les unes des autres. Pour obtenir ces encorbellements, que l’on appelait ligneaux, on faisait saillir les poutres des planchers à chaque étage en dehors des pans-de-bois inférieurs, on soutenait leur bout par des liens et on élevait le pan-de-bois supérieur au nu de l’extrémité de ces poutres.

Voici (38) qui expliquera cet ouvrage de charpenterie. Ce genre de construction de bois mérite d’être étudié. Soient les poteaux du rez-de-chaussée A. La tête de ces poteaux reçoit les consoles B destinées à épauler l’extrémité extérieure des poutres C. Des sablières D s’assemblent à l’about des poutres C, ainsi que l’indique la mortaise. Ces sablières sont soulagées par de petits liens fortement embrévés et assemblés à tenons et mortaises. Un poitrail E s’assemble dans la tête des poteaux A et est lui-même soulagé par des liens F. C’est ce poitrail qui porte les solives du plancher du premier étage. Des poteaux G posent sur l’extrémité des poutres C en porte-à-faux sur les poteaux A. Ces poteaux G reçoivent les sablières hautes du premier étage et les poutres K dont l’extrémité extérieure saillante est soulagée par des liens courbes. Sur le bout de ces poutres sont posées les sablières basses I du second étage, et ainsi de même à chaque étage, jusqu’aux combles. Les solives du plancher du second étage portent sur la sablière haute H, la débordent et contribuent à soulager la sablière basse I. Des écharpes disposées dans les pans-de-bois