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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/51

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[charpente]
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Depuis le XIIe siècle, on avait pris le parti d’élever, soit sur les tours, soit au centre de la croisée des églises, de hautes flèches de bois recouvertes d’ardoise ou de plomb. Ces flèches exigeaient, les dernières surtout, des combinaisons fort savantes afin de reporter le poids de tout le système sur les quatre piles des transsepts. Dès le commencement du XIIIe siècle, les charpentiers avaient su élever d’une façon ingénieuse ces masses énormes de bois et les suspendre au-dessus des fermes des noues, sans charger les arcs doubleaux bandés d’une pile à l’autre. Nous aurons l’occasion de nous occuper de ces sortes de charpentes au mot Flèche, auquel nous renvoyons nos lecteurs.

Quant aux charpentes coniques qui couvrent les tours cylindriques, elles dérivent du système adopté pour les charpentes de croupes circulaires. Le moyen âge ayant élevé une quantité considérable de tours, soit dans les châteaux, soit pour protéger les enceintes des villes, les charpentes de ces ouvrages qui servaient à la défense et à l’habitation se rencontrent encore aujourd’hui en grand nombre ; à Paris même, il en existe dans l’enceinte du Palais qui sont fort belles et bien conservées. Il nous suffira de donner un seul exemple résumant les combinaisons ordinaires de ces charpentes pour faire comprendre ce qu’elles présentent de particulier.

Charpente.conique.png

Soient le plan de la charpente d’une tour cylindrique (35) et le profil (36). Le quart du plan A (fig. 35) présente l’enrayure basse au niveau A des sablières (fig. 36) ; le quart B, la seconde enrayure B, le quart C, la troisième enrayure et le quart D la projection horizontale au niveau D. Deux entraits E F, G H (fig. 35), posés à angle droit, portent sur le cours de doubles sablières circulaires. Deux fermes se coupant à angle droit et réunies par un poinçon central I donnent le profil K (fig. 36). Chaque quart de cercle porte six chevrons dont les blochets prolongés forment