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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/497

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[colonne]
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bleaux du berceau principal. La fig. 1 présente l’une de ces colonnes composée de tambours de pierre en plusieurs pièces. Ce ne sont là, en réalité, que des piles cylindriques bâties en gros moellons assez mal parementés.

Si les architectes romans ne dressaient que rarement des colonnes monolythes, c’était faute de pouvoir extraire et tailler des blocs de pierre d’une grande dimension ; car toutes fois qu’ils purent trouver des colonnes antiques, ils ne manquèrent pas de les employer. Dans les cryptes romanes on rencontre souvent des colonnes monolythes en marbre qui ne sont que des dépouilles de monuments antiques. Lorsque les moyens de transport devinrent plus faciles et plus puissants, que l’habileté des tailleurs de pierre égala et dépassa même celle des ouvriers romains, on se mit à dresser des colonnes monolythes là où leur emploi était nécessaire. Presque tous les chœurs des grandes églises du XIIe siècle possèdent des colonnes monolythes en pierre dure d’une hauteur et d’un diamètre considérables, et presque toujours ces colonnes sont diminuées, c’est-à-dire qu’elles sont taillées en cône de la base au sommet. D’ailleurs il est rare de voir ces colonnes porter, comme la colonne romaine, un filet et un congé sur la base et une astragale sous le chapiteau. Ces saillies réservées exigeaient un évidement dispendieux et inutile sur toute la longueur du fût ; les architectes préféraient faire porter le congé et le filet inférieur à la base, ou supprimaient ces membres, l’astragale au chapiteau (voy. Base, Chapiteau).

Les colonnes monolythes ne sont pas rares pendant les XIIe et XIIIe siècles. Les cathédrales de Langres, de Mantes, les églises de Saint-Leu d’Esserent, de Vézelay, de Beaune, de Pontigny, de Semur-en-Auxois, etc., nous en