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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/466

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[clôture]
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elles sont crénelées à leur sommet. L’usage d’entourer les monastères et leurs dépendances par des clôtures est fort ancien. Frodoard rapporte que Séulphe, archevêque de Reims, « fit entourer d’un mur le monastère de Saint-Remi avec les églises et les maisons adjacentes, et y établit un château-fort[1]. » Il existe encore des portions de la clôture du parc de l’abbaye de Marmoustier près Tours qui sont fort belles et bien construites. Cette clôture se composait d’un mur renforcé de distance en distance de contre-forts intérieurs et extérieurs donnant en plan la fig. 3 et en élévation perspective la fig. 4.

Cloture.abbaye.Marmoustier.png


Elle était élevée de cinq à six mètres au-dessus du sol ; mais ici le crénelage ne pouvait être utilisé qu’autant qu’on eût établi à l’intérieur un chemin de ronde en bois, ce qu’en temps de guerre on pouvait faire. La clôture du prieuré de Sainte-Marie d’Argenteuil nous est conservée dans une gravure du dernier siècle[2]. Nous en reproduisons ici une portion (5) donnant un angle et le milieu d’un des côtés avec échauguettes flanquantes. À l’intérieur, ces clôtures abritaient des arbres fruitiers disposés en espaliers, et beaucoup de maisons religieuses étaient renommées pour la bonté de leurs fruits dont elles tiraient un profit assez considérable.

  1. Frodoard, chap. XIX.
  2. Plans d’abbayes, Bib. Sainte-Geneviève.