Ouvrir le menu principal

Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/427

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[cloître]
— 424 —

et les piles elles-mêmes sont assez riches.

Cloitre.Fontenay.2.png


Ces piles sont épaulées par des contre-forts descendant jusqu’au sol, et les archivoltes des galeries sont sans moulures. Ces archivoltes sont la pénétration des voûtes d’arêtes intérieures, de sorte que la construction est parfaitement écrite à l’extérieur. Les sommiers des voûtes d’arêtes reposent, du côté du mur, sur des colonnes isolées. La construction de ce cloître est bien entendue, élevée en matériaux de grande dimension ; les piles entre les bases et les chapiteaux sont d’un seul bloc, ce qui donne un grand air de puissance à la bâtisse. Pour compléter l’ensemble du cloître de Fontenay, voici (10) l’arrangement de la pile d’angle, avec la rencontre des archivoltes se pénétrant d’équerre.

Il semblerait que les cloîtres des établissements cisterciens aient servi de type (au point de vue de la construction) à la plupart des cloîtres élevés pendant le XIIIe siècle. Dès l’instant qu’on admettait les voûtes d’arêtes pour couvrir les galeries, il n’était pas, en effet, de parti meilleur et plus sage que celui adopté par l’ordre de Cîteaux. Il fallait des points d’appui résistants au droit des poussées régulièrement espacées de ces sortes de voûtes, et l’intervalle entre ces points d’appui était réservé pour la clairevoie. Les formerets des voûtes d’arêtes figuraient naturellement les archi-