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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/309

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[clocher]
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chaque intervalle entre ces écailles forme une petite rigole éloignant les eaux des joints verticaux. Une figure est nécessaire pour expliquer ce système de couverture en pierre.

Clocher.Saintes.2.png


Soit (15) un détail perspectif d’une portion du cône squamé et une coupe ; les lits des assises étant en A, les joints verticaux sont en B. L’eau suivant toujours les surfaces, est conduite naturellement d’une surface C sur la surface inférieure D, et n’est pas invitée ainsi à pénétrer les joints verticaux, qui sont d’autant plus garantis qu’ils se trouvent au point culminant E des écailles et qu’ils coupent leur parement vertical F. Et, en effet, ces cônes couverts d’écailles retournées résistent mieux à l’action des pluies que les cônes ou que les pyramides à parements unis.

La forme des clochers dont l’église de Saint-Front de Périgueux est le premier type connu, se perpétue et se perfectionne, pendant le XIIe siècle, dans les provinces de l’ouest. Beaucoup d’églises de l’Angoumois et de la Saintonge possèdent encore des clochers centrals bien conçus, bien construits, et qui affectent des formes plus sveltes à mesure qu’ils se rapprochent de la fin de ce siècle. Entre plusieurs, nous en choisirons un qui, de la base au faîte, est combiné de façon à présenter une stabilité parfaite ; c’est le clocher de l’église de Roulet (Charente). Cette église, comme la plupart des édifices religieux de second ordre de cette contrée, se compose d’une seule nef couverte par des coupoles. À l’entrée du chœur est une travée plus épaisse dans ses œuvres basses) qui porte un clocher. Voici (16) le plan de la travée à rez-de-chaussée, portant la tour qui