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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/287

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[cloche]
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Cette cloche, fort simple, avait, pour tout ornement, deux inscriptions, entre le vase et le cerveau, placées l’une au-dessus de l’autre ; voici la première :

SALVE REGINA MISERICORDIÆ.

Entre les mots regina et misericordiæ était une petite figure de la sainte Vierge, entourée d’un orle à deux pointes, comme les sceaux ; après le dernier mot, il y avait trois sceaux.

L’inscription inférieure portait, en une seule ligne et en lettres plus petites :

anno domini millesimo cc° lxx tercio gofridus me fecit et socios meos. paulus vocor[1].

La première inscription avait été façonnée au moyen de filets de cire appliqués sur le modèle.

Cloche.eglise.abbatiale.Moissac.2.png


Nous donnons (2) une des lettres de cette inscription, grandeur d’exécution, afin de faire comprendre le procédé employé par les fondeurs. La fonte de cette cloche était tellement pure que tous les fins linéaments de ces lettres étaient parfaitement venus et les sceaux aussi nets qu’une empreinte de cire d’Espagne.

La cloche de Moissac, de 1273, était un monument fort rare, car nous n’en connaissons pas d’aussi anciennes ; le métal était sombre et assez

  1. Nous avons fait faire des estampages en plomb de ces inscriptions qui sont déposés au musée de Cluny.