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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/23

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[charpente]
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extérieur du chevronnage. Toutefois, à Reims, n’était le peu d’écartement des fermes, les pannes pourraient fléchir dans leur portée sous le poids des chevrons. Dans d’autres charpentes qui datent de la même époque, le fléchissement des pannes est prévu et habilement évité.

Charpente.ferme.et.entraits.png

Soit (15) une ferme-maîtresse ; le fléchissement de l’arbalétrier est maintenu 1º par l’entrait retroussé C, 2º par les contre-fiches A A′ qui s’assemblent dans deux cours de pannes B B ; la contre-fiche A′ perpendiculaire à l’arbalétrier, ne peut glisser, 1º parce qu’elle est arrêtée à sa place par le renfort E ménagé sous l’arbalétrier, et 2º parce qu’elle est serrée par les moises D. La contre-fiche A inférieure est parfaitement arrêtée par la jambe de force F. Au-dessus de l’assemblage de cette jambe de force dans la contre-fiche, des moises pendantes sont arrêtées par une clef de bois, et celles-ci suspendent l’entrait dans sa portée entre les sablières et le poinçon. De grands goussets assemblés en H dans les contre-fiches empêchent les pannes de fléchir entre les fermes, de sorte que les chevrons figurés en K sont complètement libres et ne sont réunis que par les entraits retroussés I portant sur l’entre-toise L maintenue rigide, ainsi que le sous-faîte, par des croix de Saint-André longitudinales, comme dans la fig. 14. Le système des jambes de force F et des moises pendantes G donne une grande fermeté à la base de cette charpente, Car les forces et les pesanteurs se neutralisent à ce point que, plus la charge agit et plus l’entrait et les arbalétriers se roidissent.