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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 3.djvu/173

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[château]
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vieux château dont on retrouve des portions restées debout et englobées dans les constructions de 1479. Les frères Oswald et Guillaume firent trancher une partie du plateau pour établir les gros ouvrages de contre-approche E. Car c’est par ce côté seulement que le château est abordable. À deux cents mètres environ de ce point, sur le prolongement de la crête de la montagne, s’élevait un fortin détruit aujourd’hui, mais dont l’assiette importait à la sûreté de la place. L’ouvrage E, terrassé en F, oppose des épaisseurs énormes de maçonnerie du seul côté où l’assiégeant pouvait établir des batteries de siège. Vers le rampant de la crête en G est un ouvrage supérieur muni de tours flanquantes pour du canon, et en H une enceinte inférieure se terminant en étoile et percée d’embrasures pour des arquebusiers ou des pièces de petit calibre. Outre ces défenses majeures, une enceinte I flanquée de tourelles bat l’escarpement et devait enlever aux assaillants tout espoir de prendre le château par escalade. L’entrée est en K, et l’on arrive, après avoir pourtourné le gros ouvrage G, aux parties supérieures occupées par les bâtiments d’habitation, dont nous donnons le plan (31). La tour carrée L est le donjon qui domine l’ensemble des défenses et paraît appartenir à l’ancien château ; en M est la grand’salle, une des plus grandioses conceptions du moyen âge qui se puisse voir. Nous avons l’occasion de revenir sur cette belle construction au mot Salle.

Quoique le château du Hohenkœnigsbourg présente un singulier mélange des anciennes et nouvelles dispositions défensives, on y trouve déjà cependant une intention bien marquée d’employer l’artillerie à feu et de s’opposer à ses effets ; sous ce rapport, et à cause de la date précise de sa construction, cette place mérite d’être étudiée. Les constructions parais-

    datée du 14 mars 1479, l’empereur Frédéric informe les magistrats : qu’en reconnaissance des services à lui rendus par les comtes de Thierstein, et pour d’autres motifs justes, il leur a concédé en fief le château ruiné de Hohenkœnigsbourg, avec ses dépendances, et qu’il leur a permis de le reconstruire. En conséquence, l’empereur, en vertu du pouvoir impérial, prie les magistrats de Strasbourg et leur ordonne de venir en aide aux comtes de Thierstein, de leur prêter secours et assistance contre tous ceux qui chercheraient à les contrarier dans la prise de possession, reconstruction et jouissance dudit château, de ne pas souffrir qu’ils y soient troublés, et de leur fournir secours fidèle, au nom du Saint-Empire, contre tous ceux qui oseraient porter atteinte à leurs droits. »