Ouvrir le menu principal

Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/92

Cette page a été validée par deux contributeurs.
[arc]
— 73 —

chœur de l’église d’Eu sut prévenir le relèvement des arcs-boutants surmontés seulement de la trop faible charge des aqueducs à jour. Au lieu de poser immédiatement les pieds-droits de l’aqueduc sur l’extrados de l’arc (63), comme dans le chœur de la cathédrale d’Amiens, il établit d’abord sur cet extrados un premier étai de pierre A B.

Arc.boutant.cathedrale.Amiens.2.png

Cet étai est appareillé comme une plate-bande retournée, de façon à opposer une résistance puissante au relèvement de l’arc produit au point C par la poussée de la voûte ; c’est sur ce premier étai, rendu inflexible, que sont posés les pieds-droits de l’aqueduc, pouvant dès lors être allégé sans danger. D’après ce système, les à-jour D ne sont que des étrésillons qui sont destinés à empêcher toute déformation de l’arc de E en C ; l’arc ECH et sa tangente AB ne forment qu’un corps homogène parfaitement rigide par suite des forces contraires qui se neutralisent en agissant en sens inverse. L’inflexibilité de la première ligne AB étant opposée au relèvement de l’arc, le chaperon FG conserve la ligne droite et forme un second étai de pierre qui maintient encore les poussées supérieures de la voûte ; la figure ECHFG présente toute la résistance d’un mur plein sans en avoir le poids. Ces arcs-boutants sont à doubles volées, et le même principe est adopté dans la construction de chacune d’elles.