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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/487

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enlevées aujourd’hui, étaient ornés de ferrures dorées et de peinture.

Armoires.Vezelay.et.Reims.png

Voici (2) une armoire copiée sur un des bas-reliefs des soubassements du portail de la cathédrale de Reims, qui peut donner une idée de ces meubles fixes placés à côté des autels.

Les Précieuses reliques de la sainte-chapelle du palais à Paris étaient renfermées dans une armoire posée sur une crédence à jour, et cette crédence était elle-même montée sur la voûte de l’édicule construit derrière le maître-autel. Cette armoire s’appelait la grande châsse. « C’est, dit Jérôme Morand, une grande arche de bronze doré et ornée de quelques figures sur le devant ; elle est élevée sur une voûte gothique sise derrière le maître-autel, au rond-point de l’église, et est fermée avec dix clefs de serrures différentes, dont six ferment les deux portes extérieures, et les quatre autres un treillis intérieur à deux battants[1]… » (voy. Châsse).

Il existe encore dans l’ancienne église abbatiale de Souvigny une grande armoire de pierre du commencement du XVe siècle, qui est fort riche et servait à renfermer des reliques ; elle est placée dans le transept du côté sud. Les volets sont en bois et décorés de peintures ; nous la donnons ici (3), c’est un des rares exemples de ces meubles à demeures si communs autrefois dans nos églises, et partout détruits, d’abord par les chapitres, moines ou curés du siècle dernier, puis par la révolution.

  1. Hist. de la Sainte-Chapelle du Palais, par S. Jérôme Morand. Paris, 1790.