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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/475

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sur les bords de la Moselle,

Ardoises.posees.en.epi.png

et particulièrement à Metz et à Trèves, en écailles ordinaires (fig. 1) ou en écailles biaises, dites couverture allemande (8). Ces méthodes différentes adoptées à partir du XIIIe siècle ne subirent pas de changements notables pendant le cours des XIVe et XVe siècles. L’ardoise mieux exploitée était livrée plus régulière, plus fine et plus mince, et si l’aspect des couvertures y gagnait, il n’en était pas de même pour leur durée. Les anciennes ardoises (nous parlons de celles des XIIe et XIIIe siècles) ont de dix à quinze millimètres d’épaisseur, tandis que celles du XVe siècle n’ont guère que de cinq à huit millimètres au plus.

Ardoises.posees.couverture.allemande.png

Quant à leur longueur et largeur, généralement les anciennes ardoises employées dans l’ouest et dans le nord sont petites, de 0,18c de largeur environ sur 0,25c de hauteur ; souvent elles appartiennent à la série nommée aujourd’hui héridelle, et n’ayant que 0,10c de large environ sur 0,38c. Cependant les anciens couvreurs avaient le soin de commencer leurs couvertures en posant sur l’extrémité des coyaux des combles un rang de larges et fortes ardoises, afin de donner moins de prise au vent. Les anciennes couvertures en ardoises étant fort inclinées, le pureau[1] n’était guère que du tiers de la hauteur de l’ardoise. On peut dire qu’une couverture en ardoise épaisse, sur une pente forte, clouée sur de la volige de châtaignier ou de chêne blanc, dure des siècles sans avoir besoin d’être

  1. On appelle pureau la portion des ardoises ou des tuiles qui reste visible après qu’elles ont été superposées par le couvreur sur la volige ou le lattis. Le pureau étant du tiers ou du quart de la hauteur de l’ardoise, chaque point de la couverture est recouvert par trois ou quatre épaisseurs d’ardoises, et chaque ardoise ne laisse voir que le tiers ou le quart de sa hauteur.