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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/434

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et ne causaient pas un dommage sérieux à l’assiégeant.

Tour.Puy.Saint.Front.Perigueux.png

Laissant donc subsister le vieux système défensif pour y loger des archers, arbalétriers et arquebusiers, on éleva en avant de fausses braies dans lesquelles on pouvait établir des batteries à tir rasant, qui remplaçaient les lices dont nous avons parlé dans le cours de cet article. On commença dès lors à s’affranchir des règles si longtemps conservées de la fortification antérieure à l’emploi de l’artillerie à feu. Dans des cas pressants les anciennes murailles et tours des lices, les barbacanes furent simplement dérasées au niveau du chemin de ronde, puis couronnées de parapets avec embrasures pour y placer des batteries barbettes (54). Les tours paraissaient si bien un moyen de défense indispensable, on regardait comme d’une si grande utilité de commander la campagne, qu’on en élevait encore même après que les fausses braies disposées de manière à flanquer les courtines avaient été admises. On donna d’abord aux fausses braies les formes, en plan, qu’on avait données aux palissades, c’est-à-dire qu’elles suivirent à peu près le contour des murs, mais bientôt on en fit des ouvrages flanqués. La ville d’Orange avait