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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/366

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contre-minâmes, et nous parvînmes à nous emparer du trou de mine qu’ils avaient fait. Ils commencèrent ensuite une mine entre nous et un certain mur, et ils détruisirent deux créneaux des lices ; mais nous fîmes là un bon et fort palis entre eux et nous.

Ils minèrent aussi l’angle de la place, vers la maison de l’évêque[1], et, à force de miner, ils vinrent, sous un certain mur sarrasin[2], jusqu’au mur des lices. Mais aussitôt que nous nous en aperçûmes, nous fîmes un bon et fort palis entre eux et nous, plus haut dans les lices, et nous contre-minâmes. Alors, ils mirent le feu à leur mine, et nous renversèrent à peu près une dizaine de brasses de nos créneaux. Mais aussitôt nous fîmes un bon et fort palis, et au-dessus nous fîmes une bonne bretèche[3] (10) avec de bonnes archières[4] : de sorte, qu’aucun d’eux n’osa approcher de nous dans cette partie.

Ils commencèrent aussi, Madame, une mine contre la barbacane de la porte de Rodez[5], et ils se tinrent en dessous, parce qu’ils voulaient

    flanquées de tours. On appelait encore lices les palissades dont on entourait les camps : « Liciæ, castrorum aut urbium repagula. » Epist. anonymi de capta urbe CP. Ann. 1204, apud Marten., t. I Anecd., col. 786 : « Exercitum nostrum grossis palis circumcinximus et liciis. » Will. Guiart ms. :

    … Là tendent les tentes faitices,
    Puis environnent l’ost de lices.

    Le Roman de Garin :

    Devant les lices commencent li hustins.

    Guill. archiep. Tyr. continuata Hist. gallico idiomate, t. V. Ampliss. Collect. Marten., col. 620 : « Car quant li chrestiens vindrent devant Alixandre, le baillif les fist herbergier, et faire bones lices entor eux, » etc. (Du Cange, Gloss.)

  1. À l’angle sud-ouest, voy. fig. 9.
  2. Quelque ouvrage avancé de la fortification des Visigoths probablement.
  3. « Bretachiæ, castella lignea, quibus castra et oppida muniebantur, gallice bretesques, breteques, breteches. » (Du Cange, Gloss.

    La ville fit mult richement garnir,
    Les fossés fere, et les murs enforcir,
    Les bretesches drecier et esbaudir.         (Le Roman de Garin.)

    — As breteches monterent, et au mur quernelé…
    — Les breteches garnir, et les pertus garder.
    — Entour ont bretesches levées,
    Bien planchiées et quernelés.         (Le Roman de Vacces)

    …(Voy. Bretèche.) Les bretèches étaient souvent entendues comme hourds (Voy. ce mot). Les bretèches dont parle le sénéchal Guillaume des Ormes dans son rapport adressé à la reine Blanche, étaient des ouvrages provisoires que l’on élevait derrière les palis pour battre les assaillants lorsqu’ils avaient pu faire brèche. Nous avons exprimé (figure 10) l’action dont parle le sénéchal de Carcassonne.)

  4. Archières, fentes étroites et longues pratiquées dans les maçonneries des tours et courtines, ou dans les hourds et palissades pour envoyer des flèches ou carreaux aux assaillants (voy. Meurtrière).
  5. Au nord, voy. fig. 9.