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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/311

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on arrive par des détours inextricables, des escaliers étroits et coudés, au point B où se trouvaient placées les cuisines. D était le dortoir des moines, E la salle dite des Chevaliers[1]. C’est une vaste crypte reconstruite au XVIe siècle pour supporter le chœur de l’église qui fut rebâti à cette époque ; F H sont les soubassements de l’ancienne nef et du transsept romans, afin de suppléer au rocher qui, sur ces points, n’offrait pas une assez grande surface ; G les logements de l’abbé et des hôtes ; I le dessous de la bibliothèque. Le cloître est situé au-dessus de la grande salle des Chevaliers E. L’aire de ce cloître est couverte de plomb afin de recueillir les eaux pluviales qui se rendent dans deux citernes disposées sous le bras de croix du nord. Au-dessus de la porte en A est une salle de guet.

Plan.eglise.mont.Saint.Michel.png

Enfin l’église (20) domine cet ensemble de bâtiments gigantesques, construits en granit, et qui présentent l’aspect le plus imposant au milieu de cette baie brumeuse. Les grands bâtiments qui donnent sur la pleine mer ; du côté nord, peuvent passer pour le plus bel exemple que nous possédions de l’architecture religieuse et militaire du moyen âge, aussi les a-t-on nommés de tout temps, la merveille[2]. La salle des Chevaliers (fig. 19, E) possède deux vastes cheminées et des latrines en encorbelle-

  1. Ce nom ne lui fut donné qu’après l’institution de l’ordre de Saint-Michel, sous Louis XI. C’était probablement au XIIIe siècle le dortoir de la garnison.
  2. Le Mont-Saint-Michel est aujourd’hui une maison de détention ; des planchers et