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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/22

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paraissent presque entièrement pendant le XVe siècle (7).

Abaque.XIVe.siecle.png
Abaque.XVe.siecle.png

Puis, sous l’influence de l’architecture antique, les abaques reprennent de l’importance au commencement du XVIe siècle. (Voy. Chapiteau.) Pendant la période romane et la première moitié du XIIIe siècle, les abaques ne font pas partie du chapiteau ; ils sont pris dans une autre assise de pierre ; ils remplissent réellement la fonction d’une tablette servant de support et de point d’appui aux sommiers des arcs. Depuis le milieu du XIIIe siècle jusqu’à la renaissance, en perdant de leur importance comme moulure, les abaques sont, le plus souvent, pris dans l’assise du chapiteau ; quelquefois même les feuillages qui décorent le chapiteau viennent mordre sur les membres inférieurs de leurs profils. Au XVe siècle, les ornements enveloppent la moulure de l’abaque, qui se cache sous cet excès de végétation. Le rapport entre la hauteur du profil de l’abaque et le chapiteau, entre la saillie et le galbe de ses moulures et la disposition des feuillages ou ornements, est fort important à observer ; car ces rapports et le caractère de ces moulures se modifient non-seulement suivant les progrès de l’architecture du moyen âge, mais aussi suivant la place qu’occupent les chapiteaux. Au XIIIe siècle principalement, les abaques sont plus ou moins épais, et leurs profils sont plus ou moins compliqués, suivant que les chapiteaux sont placés plus ou moins près du sol. Dans les parties élevées des édifices, les abaques sont très-épais, largement profilés, tandis que dans les parties basses ils sont plus minces et finement moulurés.

ABAT-SONS, s. m. C’est le nom que l’on donne aux lames de bois recouvertes de plomb ou d’ardoises qui sont attachées aux charpentes des beffrois pour les garantir de la pluie, et pour renvoyer le son des cloches vers le sol. Ce n’est guère que pendant le XIIIe siècle que l’on a commencé à garnir les beffrois d’abat-sons. Jusqu’alors les baies des clochers étaient petites et étroites ; les beffrois restaient exposés à l’air libre. On ne trouve de traces d’abat-sons antérieurs au XVe siècle que dans les manuscrits (1). Ils étaient souvent décorés d’ajours, de dents de scie (2) à leur extrémité inférieure, ou de gaufrures sur les plombs.