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Page:Viollet-le-Duc - Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 1.djvu/115

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trouve dans les bas côtés de l’église de Montier-en-Der (Haute-Marne) (10), charmant édifice rempli de singularités architectoniques, et que nous aurons l’occasion de citer souvent.

Arcature.eglise.Montier.en.Der.png

Vers la fin du XIIIe siècle, les arcatures basses, comme tous les autres membres de l’architecture ogivale s’amaigrissent ; elles perdent l’aspect d’une construction. d’un soubassement, qu’elles avaient conservé jusqu’alors, pour se renfermer dans le rôle de placages. Le génie si impérieusement logique qui inspirait les architectes du moyen âge, les amena bientôt en ceci comme en tout à l’abus. Ils voulurent voir dans l’arcature d’appui la continuation de la fenêtre, comme une allége de celle-ci. Ils firent passer les meneaux des fenêtres à travers la tablette d’appui, et l’arcature vint se confondre avec eux.

Arcature.cathedrale.Sees.png

Dès lors la fenêtre semblait descendre jusqu’au banc inférieur ; les dernières traces du mur roman disparaissaient ainsi, et le système ogival s’établissait dans toute sa rigueur (11). Cet exemple tiré des bas côtés du chœur de la cathédrale de Sées, date des dernières années du XIIIe siècle. Toutefois, les petits pignons ménagés au-dessus des arcs donnent encore à ces soubassements une décoration qui les isole de la fenêtre, qui en fait un membre à part ayant son caractère propre, tandis que plus tard, au commencement du XIVe siècle, comme dans le chœur de l’église Saint-Nazaire de Carcassonne, l’arcature basse en se reliant aux meneaux des fenêtres, adopte leurs