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mineurs, comme nos galeries de contre-mine permanentes, ménagées sous les revêtements des courtines et bastions.

Dans ce souterrain, en X″, se trouve une source excellente à fleur de terre, à l’usage de la cuisine. En W, sont des latrines, prises aux dépens de l’épaisseur du mur de la chemise, pour les gardes de cette enceinte et les gens de cuisine. En Z était une cage avec escalier de bois[1], pouvant être détruit facilement, qui mettait le souterrain inférieur en communication avec le chemin de ronde supérieur. Le petit escalier Q, donnant dans la salle P, desservait la herse et le mâchicoulis de la poterne X. Le souterrain inférieur X′ se trouvait encore en communication avec l’escalier U, desservant les ouvrages supérieurs de la porte. Si l’assiégeant s’était emparé de la poterne X (ce qui était difficile, puisqu’il fallait franchir la première porte Y et son pont-levis, traverser le chemin YX sous les projectiles lancés de la partie supérieure de la chemise et du crénelage ouvert sur le mur J, forcer deux vantaux et affronter un mâchicoulis), il se trouvait en face de la herse donnant sur le fond du fossé de la chemise, ayant à sa gauche la porte ferrée qui fermait le bas de l’escalier de la cuisine, et arrêté dans la galerie inférieure X’ par la source X″, qui est un véritable puits dans un souterrain obscur. S’il forçait la herse, il pénétrait dans le fond du fossé intérieur V’, lequel est dallé et sans communication avec le sol de la cour. Battu par les défenses supérieures du donjon, qui lui envoyaient des projectiles d’une hauteur de soixante mètres, et par le chemin de ronde de la courtine, il était perdu, d’autant que les hommes occupant ce chemin de ronde pouvaient descendre par l’escalier Z, passer dans la galerie de contre-mine X’, traverser la

  1. Voyez du Cerceau : Les plus excellens bastimens de France.