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J. VILLEY.

air détendu ; et si l’on veut reconstituer cette provision, il faudra dépenser un travail équivalent à celui que nous avons obtenu. L’air comprimé ne peut être qu’un accumulateur ou un transmetteur de travail.

Ce que nous envisageons, c’est l’hypothèse où l’on dépense exclusivement de la chaleur, c’est-à-dire où l’on utilise un système matériel ou source de chaleur, dont le seul rôle consiste à céder (en général par conductibilité) de l’énergie cinétique moléculaire, et où nous pourrons d’ailleurs compenser ces pertes en créant constamment, par des réactions chimiques, des quantités équivalentes d’énergie thermique pour maintenir constante sa température

Nous pourrons d’ailleurs utiliser de plus un système matériel auxiliaire, ou système évoluant, capable de fournir du travail au cours de ses déformations, mais nous lui imposerons de revenir périodiquement à son état initial, pour être indéfiniment utilisable (car nous entendons dépenser seulement de l’énergie thermique). Nous n’imposerons d’ailleurs pas à ce système auxiliaire de rester constamment à la température fixe de la source de chaleur, mais il doit y revenir périodiquement, et n’avoir d’échanges de chaleur qu’avec elle. Son évolution est alors dite monotherme.

Malgré l’intervention du système évoluant et les variations possibles de sa température, le résultat relatif aux systèmes à température uniforme se généralise sous la forme suivante : si l’on fait appel à une seule source de chaleur à température invariable on ne pourra pas obtenir du travail mécanique au prix de chaleur cédée par cette source unique. L’opération inverse est d’ailleurs possible : c’est-à-dire que l’on peut, en dépensant du travail, fournir de la chaleur à la source.

Cette généralisation semble à prévoir, car on imagine mal comment l’inLervention du système auxiliaire, qui revient à son état primitif, permettrait d’orienter une partie de l’énergie cinétique moléculaire de la source. Nous démontrerons toutefois ce résultat essentiel dans le cas où le système évoluant est une masse gazeuse homogène passant en cycle fermé par une succession continue d’états d’équilibre.

Dessinons, dans le diagramme qui a pour coordonnées la pression et le volume de la masse gazeuse, le cycle fermé AMBNA qu’elle parcourt. Dessinons de plus la famille des adiabatiques qui coupent ce cycle, et en particulier celles qui lui sont tangentes : soient A et B